On commence à peine à connaître des noms de compositrices, il est encore très difficile d’y associer un visage. Ces figures du matrimoine sont les grandes absentes des murs des établissements d’enseignement artistique, des frises chronologiques et de l’essentiel du matériel pédagogique. Toutes reconnues par leurs pairs à leur époque, elles ont été effacées du répertoire, au point qu’on peut encore aujourd’hui effectuer tout un cursus artistique sans en avoir eu connaissance. 

Pour redonner à ces femmes la place qu’elles méritent dans l’histoire de la musique et dans nos établissements, HF IDF vous propose une première série de portraits « Compositrices françaises du XVIIe au XIXe siècle » : Élisabeth Jacquet de la Guerre, Sophie Gail, Hélène de Montgeroult, Louise Farrenc, Pauline Viardot, Marie Jaëll et Augusta Holmès, ici illustrées par Lorraine les Bains.

Élisabeth JACQUET de la GUERRE 1665 — 1729 Compositrice, claveciniste, organiste et pédagogue En 1691, le Mercure Galant la décrit comme « la première musicienne du monde » Son Premier Livre de pièces pour clavecin est l’une des rares oeuvres pour cet instrument publiées en France au XVIIe siècle. Céphale et Procris est la première tragédie lyrique composée par une femme à être donnée à l’Académie Royale de musique en 1694.

Sophie GAIL 1775 — 1819 Compositrice, pianiste, chanteuse, pédagogue Elle publie sa première Romance à l’âge de 14 ans. Elle est la première compositrice à présenter une oeuvre au répertoire du théâtre de l’Opéra Comique : Les Deux Jaloux, en 1813.

Hélène de MONTGEROULT 1764 — 1836 Compositrice, pianiste et pédagogue Première femme professeure de piano au Conservatoire de Paris en 1795 pour la classe de piano « hommes ». Son Cours complet pour l’enseignement du forte-piano conduisant progressivement des premiers éléments aux plus grandes difficultés, écrit entre 1788 et 1812, comporte plus de 700 pages de répertoire pédagogique et fera référence.

Louise FARRENC 1804 — 1875 Compositrice, pianiste, musicologue et pédagogue Professeure de piano au Conservatoire de Paris, ses Trente études dans tous les tons majeurs et mineurs, op. 26 (publiées en 1839) y ont été adoptées comme méthode officielle. Elle réussit après huit ans de lutte à obtenir un salaire égal à celui de ses collègues. masculins. 

Pauline VIARDOT 1821 — 1910 Compositrice, cantatrice, pianiste et pédagogue Une des grandes figures intellectuelles du XIXe siècle. En 1861 débute la publication de sa grande anthologie intitulée École classique du chant avec laquelle elle se présente en éditrice de musique ancienne. C’est une des premières artistes à faire découvrir l’art russe en France.

Marie JAËLL 1846 — 1925 Compositrice, pianiste, autrice et pédagogue Elle est l’une des premières femmes admise à la Société des Compositeurs de musique de Paris en 1887. Première artiste en France à jouer l’intégrale des Sonates de Beethoven. En matière de pédagogie pianistique, elle s’intéresse entre autres à la physiologie et à la psychologie, devenant pionnière dans ce qu’on appellera par la suite les “méthodes actives”.

Augusta HOLMÈS 1847 — 1903 Compositrice, pianiste, cheffe d’orchestre et librettiste Elle publie ses premières oeuvres en 1868 sous le pseudonyme d’Hermann Zenta. Première compositrice à se faire un nom en écrivant de la musique à programme comme les poèmes symphoniques Irlande et Pologne. Son Ode triomphale en l’honneur du centenaire de 1789 pour plus de 1000 instrumentistes et choristes, sera jouée trois fois, devant 22000 spectateurs. 

Comment se procurer ces portraits ?

Ces portraits sont disponibles à la vente, sous formes d’affiches vendues par lot. Elles s’adressent aux Conservatoires, écoles de musiques et autres établissements scolaires, mais également aux particuliers. Pour commander un lot, rendez-vous sur cette page.